Présenté par Rosemonde

Christophe est consul général adjoint en charge des affaires culturelles de la Confédération suisse à Rio de Janeiro. Voilà un titre sur carte de visite à prononcer en un souffle, pour laisser présager d’une histoire de vie peu banale. Au verso, il pourrait y être inscrit sa devise : « Vivre ses rêves et non plus rêver sa vie ». Ce ne sont pas des paroles en l’air, car la fonction d’état n’empêche en rien cet homme passionné de cinéma et d’écriture de troquer la casquette officielle pour celle d’auteur de scénarios de films ou de romans. Christophe est un magnifique ambassadeur de la culture et je ne peux qu’adhérer à son injonction : « la vie est trop courte, ayez le courage d’oser et de montrer vos talents au monde ! ».

Interview

Pour qui votre premier sourire de la journée ?

Pour la vie. Pour la beauté de la lumière du jour. Pour le bonheur inestimable d’être en vie, de se sentir en sécurité et en pleine santé.

Rat des villes ou rat des champs ?

Je suis né rat des champs avant d’opérer une lente transformation génétique et devenir, au gré des ans et au hasard des chemins de la vie, un parfait rat des villes.

Si vous regardez par la fenêtre que voyez-vous ?

Quand j’ai commencé de répondre aux questions, je me trouvais en Suisse, je voyais le paysage immuable de mon enfance, les arbres nus et le ciel oscillant entre le bleu automne et le gris hiver. Aujourd’hui, alors que je finalise mes réponses, je suis au 11ème étage du bâtiment abritant mon bureau à Rio de Janeiro. Depuis là, je vois la beauté de la nature, l’Océan Atlantique, le Pain de Sucre mais aussi la réalité du monde avec les maisons colorées d’une favela montées ici et là sur le flanc de la colline avoisinante.

Qu’est-ce qui rend votre ordinaire extraordinaire ?

Il appartient à chacun de nous de rendre son ordinaire extraordinaire. Je m’efforce de sourire aux gens et à la vie et souvent, ces sourires viennent en retour. J’essaye aussi de positiver ma vie et d’éloigner toute énergie négative. Je suis aussi heureux de tout ce qui m’arrive, mais n’ai de cesse de relativiser. Le grand problème de nous autres humains du 21ème siècle est de toujours vouloir placer la barre plus haut. Sachons apprécier simplement ce que l’on a et faire le meilleur avec !

Que faites-vous de votre vie ?

J’aime me sentir libre et j’ai le bonheur d’avoir assez d’énergie en moi pour faire plein de choses et laisser parler ma créativité. Je n’aime pas les gens qui parlent sans cesse de ce qu’il veulent faire et n’y parviennent jamais. Je préfère de loin ceux qui parlent moins mais qui font. Je fais clairement partie de cette catégorie.

Quelles activités occupent votre quotidien ?

J’aime lire, apprendre, rencontrer des gens et partager leurs récits, leurs passions. J’ai aussi un besoin vital de voir des images que ce soit à travers des films, des séries TV ou des reportages.
Mon travail au service de la Confédération occupe la plupart de mon temps. C’est un travail très prenant qui ne se limite pas à un 8-17 h puisque je suis très souvent occupé le soir et le week-end.
J’occupe la plupart de mon temps libre et des week-ends à mes activités créatives. Je passe ainsi ma vie à jongler entre mes deux vies et y arrive pas trop mal même si parfois, il me semble posséder des symptômes flagrants de dédoublement de personnalité.

Réussissez-vous à vivre de vos passions ou à faire vivre vos passions ?

Mes passions me font vivre, elles sont vitales à mon équilibre. Je n’arrive pas à vivre d’elles, mais je mets toute ma foi et mon énergie pour les faire vivre.

Le talent que vous aimeriez pouvoir amplifier ?

J’aimerais un jour savoir dessiner. Pouvoir exprimer d’un coup de crayon ce qui nécessite dix lignes dans un récit.

La rencontre ou l’événement qui a tout changé ?

Mon transfert vers Los Angeles en août 2009. L’étrange et nouvelle sensation d’avoir trouvé l’endroit où je veux vivre. Les nombreuses rencontres faites dans cette ville aussi folle que spéciale avec cette énergie créative contagieuse face à laquelle je me suis rendu corps et âme.

La chose la plus extraordinaire que vous ayez accomplie ?

Elle reste encore à être accomplie.

La chose extraordinaire que vous rêvez de réaliser ?

J’aimerais pouvoir consacrer un an de ma vie à voyager de par le monde.

Chat, chien ou poisson rouge ?

Je ne suis pas très animal mais à choisir parmi les trois, le chien.

Avec une baguette magique pour la planète, que faites-vous ?

Pour une semaine, je bloque la technologie pour obliger les gens à lever le nez de leur écran et à quitter leurs réseaux sociaux pour sortir dans la rue et retrouver la joie simple et authentique de parler avec les autres.

La personne extraordinaire que vous aimeriez retrouver là-haut ?

En fait, il n’y en a pas qu’une. J’aimerais retrouver les gens qui ont compté pour moi ici bas. C’est triste de penser que certains sont partis sans même que l’on ait eu le temps ou l’occasion de leur dire au revoir.

L’oeuvre qui nous parlerait un peu de vous (livre, chanson, musique, tableau, etc.) ?

Il est très difficile pour moi de trouver une seule oeuvre pouvant se rattacher à ma vie. Si je devais en trouver une qui exprime le besoin vital de liberté qui est en moi, je dirais Into the wild de Jon Krakauer adapté magistralement à l’écran par Sean Penn.

Le lien sur lequel vous aimeriez nous faire cliquer ?

Vu d’Europe, cela doit paraitre un peu ridicule, mais mon lien favori que j’utilise tous les jours est : canalplus.fr
Je profite aussi des longs moments passés en voiture pour honorer mon rendez-vous quotidien avec Laurent Ruquier et ses chroniqueurs des Grosses Têtes sur RTL que j’ai suivi fidèlement puisque jusque-là, j’étais un accro d’On va s’géner sur Europe 1.
Du coup, cela fait deux liens pour le prix d’un.

Qu’est-ce qui fait d’un rendez-vous un moment extraordinaire ?

Quand on y arrive avec juste l’idée de prendre un café et qu’à la fin, on passe une soirée entière à discuter de tout et de rien avec un autre être aussi passionné que soi.

Quel âge a votre âme ?

Mon âme se trouve dans l’âge mature et ne semble pas pressée de rejoindre l’âme vieillie. Il se peut parfois que de mauvaises langues me reprochent des relents d’âme de bébé ou d’âme adolescente chez moi.
Tout ce que je peux dire c’est heureusement que mon âme et mon esprit n’ont pas (encore) l’âge de mes articulations.

Ce que vous aimeriez que l’on retienne de vous ?

Que j’étais une personne bonne, libre et honnête qui avait le courage d’oser aller au bout de ses passions.

Actualité et liens

En fin d’année 2013, mon court métrage BRÛLURES avec Carlos Leal et Julie Dray a été présenté pour la première fois à Los Angeles ainsi qu’en Suisse. Il a un peu tourné dans des festivals et a remporté un Excellence Award dans le cadre du Best Shorts Competition de San Diego.

Mon roman CARNETS NOIRS a été publié aux Editions Xenia au cours du printemps 2014 avec une sortie en Suisse et en France. Encore un rêve qui se réalise pour moi. J’ai eu l’honneur de le présenter à Morges lors de la manifestation du « Livre sur les Quais » en septembre dernier ce qui fut un souvenir lumineux.
Rayon professionnel, j’ai quitté Los Angeles à la fin mars 2014 pour prendre mes nouvelles fonctions à Rio de Janeiro à quelques semaines du début de la coupe du monde de football que j’ai eu la chance de vivre de l’intérieur. La prochaine grande échéance pour nous est le carnaval de Rio 2015 où la Suisse a été choisie comme thème par une école de samba, puis ce sera le temps de penser aux Jeux Olympiques et aux Paralympics de 2016 qui auront lieu à Rio de Janeiro.

Le site des Editions Xenia où se trouve mon livre.

Un blog très sympa consacré à mon livre et à moi-même.

Mes deux courts métrages Brûlure et Missing you sont sur Facebook.

Il y a un portrait sympa qui m’est consacré et qui peut être vu sur YouTube.

Passage de témoin

Pour que l’histoire continue, à quelle personne extraordinaire aimeriez-vous passer le témoin et pourquoi ?

Serge Roetheli, guide de montagne et ancien boxeur qui a parcouru 40’912 km en courant à travers le monde durant cinq ans accompagné de sa femme de l’époque Nicole, au guidon d’une moto. Serge est un modèle d’inspiration pour moi, car c’est quelqu’un de droit, animé d’une volonté de fer et qui a su m’inculquer le courage d’oser.

Mark Tschanz, musicien et compositeur suisse vivant à Los Angeles. En plus d’être un musicien de talent qui a joué avec de grands noms et eu les honneurs de la scène du Montreux Jazz Festival en 1995, Mark est également un personnage généreux et unique qui a une approche de la vie extrêmement saine. Il a composé la musique de mon film BRULURES et nous travaillons ensemble sur deux projets musicaux.